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POINT HEBDO-La BCE, une pluie de résultats et le pétrole sous surveillance au menu des marchés
information fournie par Reuters 17/07/2026 à 15:41

par Diana Mandia et Coralie Lamarque

Alors que la saison des résultats semestriels s'accélère la semaine prochaine, les marchés seront sur le qui-vive face à une reprise des hostilités qui s'installe au Moyen-Orient, appelant les investisseurs à la vigilance quant aux cours pétroliers et la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne.

Outre les nouvelles données macroéconomiques, telles que l'inflation au Royaume-Uni et les chiffres du secteur privé pour le mois de juillet, les opérateurs auront à nouveau l'occasion d'évaluer leur appétit pour le secteur lié à l'IA, dont les résultats spectaculaires continuent de faire osciller le moral du marché entre optimisme et méfiance.

Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir :

1/ PAUSE ESTIVALE POUR LA BCE

La Banque centrale européenne (BCE) donnera le coup d'envoi jeudi d'une série de décisions de politique monétaire des principales banques centrales, prises une nouvelle fois dans le brouillard géopolitique en raison de la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran.

Après un relèvement des coûts d'emprunt en juin, le premier en près de trois ans, les marchés s'attendent à ce que Francfort maintienne ses taux inchangés ce mois-ci, dans l'attente de voir comment les prix évolueront avant de resserrer à nouveau sa politique monétaire.

Selon une majorité d'économistes interrogés par Reuters, l'institut monétaire devrait annoncer une deuxième hausse des coûts d'emprunt en septembre, alors que la nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient intensifie le risque d'inflation, portant un coup dur aux espoirs suscités par le protocole d'accord américano-iranien de juin.

"Si les tensions devaient provoquer un nouveau choc énergétique, la BCE, très dépendante des données, pourrait être contrainte de relever à nouveau ses taux, au moment même où l'Europe a besoin d'un cycle d'investissement massif pour renforcer son autonomie stratégique dans la défense, l'énergie et l'IA", note Bénédicte Kukla, stratégiste chez Indosuez WM, tout en précisant qu'il ne s'agit pas de son scénario principal.

Plusieurs responsables de Francfort ont appelé cette semaine à la vigilance en matière de taux d'intérêt, soulignant que les effets de second tour de l'inflation ne s'étaient pas encore concrétisés.

L'inflation dans la zone euro a ralenti en juin à 2,8%, mais reste toutefois bien au-dessus de la cible de 2% de la BCE.

2/ UNE AFFICHE BIEN REMPLIE

La saison des résultats d'entreprise va s'amplifier dans les prochains jours des deux côtés de l'Atlantique, avec les publications de plusieurs grands groupes des secteurs technologique, financier et de la consommation tout au long de la semaine.

Alphabet GOOGL.O , la maison mère de Google, sera le premier des "hyperscalers" à publier ses chiffres, à un moment où les plans d'investissement du secteur sont étroitement surveillés par les investisseurs, la hausse vertigineuse des dépenses d'IA suscitant certaines craintes.

Les rapports trimestriels de Tesla TSLA.O , Intel INTC.O et American Express AXP.N sont également au programme de la semaine à venir.

Dans la zone euro, Santander SAN.MC , la plus grande banque du bloc en termes de capitalisation boursière, doit publier mercredi, tout comme UniCredit CRDI.MI , deuxième banque italienne, suivies jeudi par BNP Paribas BNPP.PA , avant Deutsche Bank DBKGn.DE , Société Générale SOGN.PA , Crédit Agricole CAGR.PA et UBS UBSG.S au cours de la dernière semaine du mois.

Les grandes banques américaines, de Goldman Sachs GS.N à Citi C.N en passant par JP Morgan JPM.N , qui ouvrent traditionnellement la saison une semaine avant leurs homologues européennes, ont toutes affiché une forte croissance au deuxième trimestre, grâce à la hausse des commissions liées aux services de conseil en fusions-acquisitions et à une forte augmentation des revenus liés au trading.

D'autres secteurs qui feront l'objet d'une attention particulière sont la consommation et le voyage, qui suscitent un de l'intérêt en raison des craintes inflationnistes liées au Moyen-Orient.

Le géant agroalimentaire suisse Nestlé NESN.S et le groupe de supermarchés Carrefour CARR.PA publieront leurs résultats respectifs jeudi, tandis que les compagnies aériennes low-cost Ryanair RYA.I et easyJet EZJ.L le feront lundi et jeudi, avec les investisseurs soucieux de la moindre remarque concernant l'évolution des réserves et de la grille tarifaire.

3/ CRAINTES SUR LA DETTE

L'écart de rendement entre les obligations allemandes à 10 ans et les obligations françaises de même échéance

DE10FR10=RR , se maintient autour de 80 points de base, après avoir grimpé à 83 en début du mois, retrouvant ainsi les niveaux observés en octobre 2025 après la démission inattendue de Sébastien Lecornu, qui a par la suite été reconduit au poste.

Ce "spread", qui reflète la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française, a connu de fortes fluctuations ces dernières années, au gré des aléas liés aux turbulences budgétaires de la deuxième économie de la zone euro, confrontée à une lourde dette publique.

Le taux à 30 ans de la France FR30YT=RR a atteint jeudi son plus haut niveau depuis octobre 2008, un signe supplémentaire des inquiétudes suscitées chez les investisseurs par la situation des finances publiques.

Un rapport commandé par Bercy a alerté cette semaine du risque d'une détérioration considérable des finances publiques françaises d'ici la fin de la décennie, avec une dette publique qui dépasserait 130% à l'horizon 2030.

Le débat budgétaire, qui doit débuter à l'Assemblée nationale à partir d'octobre, s'annonce d'autant plus houleux que la présidentielle de 2027 approche.

Le gouvernement français prévoit, dans ce contexte, de freiner fortement la hausse de la plupart des dépenses des ministères l'année prochaine, les investissements dans la défense et les coûts d'emprunt absorbant une part de plus en plus importante du budget.

4/ LE PÉTROLE S'ENFLAMME

Les cours pétroliers se retrouvent une nouvelle fois sous les feux de la rampe, le Brent s'apprêtant à enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire depuis la semaine du 24 avril.

La reprise des frappes entre les États-Unis et l'Iran ces derniers jours entraîne un regain d'inquiétudes quant à l'approvisionnement mondial en pétrole par le détroit d'Ormuz, les contrats étant revenus à leurs prix d'avant le 17 juin, lors de la signature d'un protocole de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran.

Le Brent LCOc1 a augmenté doucement mais sûrement pour terminer la semaine sur une envolée d'environ 12%, autour des 85 dollars le baril.

Trois sources informées ont en outre déclaré à Reuters que Téhéran avait demandé aux Houthis de se tenir prêts à bloquer le détroit de Bab el Mandeb, autre voie cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, si Washington venait à frapper les infrastructures iraniennes.

"La sécurité pétrolière reste un enjeu crucial", a déclaré jeudi Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l'énergie, lors d'un événement organisé par le Council on Foreign Relations à Washington.

"Nous devrions nous inquiéter, et je m'inquiète, si la situation ne s'améliore pas dans les prochaines semaines", a-t-il ajouté.

5/ VERS L'ÈRE BURNHAM AU ROYAUME-UNI

Outre-Manche, les investisseurs sont suspendus à la nomination du prochain ministre britannique des Finances, alors qu'Andy Burnham, élu vendredi à la tête de son parti, doit entrer lundi à Downing Street, promettant un gouvernement "authentiquement travailliste".

Des informations circulent selon lesquelles Burnham aurait choisi une centriste de sa formation pour occuper le poste de chancelière de l'Échiquier, le Financial Times avançant le nom de Shabana Mahmood, actuellement ministre de l'Intérieur.

Les opérateurs ont interprété cette supposition comme un signe indiquant que le nouveau Premier ministre n'envisage pas d'augmenter les dépenses publiques, contrairement à ce que certains investisseurs avaient initialement craint.

En conséquence, les obligations britanniques ont progressé parallèlement à la livre sterling, qui a également bénéficié d'un recul du dollar cette semaine.

"L'évolution de la situation politique au Royaume-Uni est passée d'un frein à un moteur, la transition ordonnée à la tête du parti et les anticipations d'un chancelier prudent sur le plan budgétaire renforçant la confiance des marchés", ont déclaré les stratèges d'UBS Wealth Management dans une note d'analyse.

(Rédigé par Diana Mandia et Coralie Lamarque)

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